Donnez votre avis sur ce début de roman !
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Chaque semaine, vous pourrez lire un autre chapitre et vous pourrez me dire si vous aimez ou si au contraire vous appréciez un peu moins ce passage....
1
aout 2007
Elle courait parmi les arbres. La bête était juste derrière elle. La jeune femme entendait son cri qui résonnait dans la forêt. Un cri d’animal en colère. Il la poursuivait. Elle tenta d’accélérer encore, il fallait absolument lui échapper. Mais ses jambes fatiguaient, elle sentait pointer un point de côté. Son corps était en train de la trahir. Elle regarda autour d’elle. Des bois, rien que des bois. Aucune habitation, personne pour la secourir. Aucune cachette à proximité. Terrorisée, elle avait perdu tout sens de l’orientation et il semblait se rapprocher. Soudain, un rire lugubre retentit, près d’elle, trop près à son goût. Des bruits inquiétants résonnaient dans les bois, des cris d’animaux et d’autres sons impossible à identifier qui ajoutaient à la terreur de la jeune femme.
Devant elle, le chemin serpentait au milieu des buissons.
Elle pourrait peut-être se cacher derrière l‘un d‘eux. Elle était fatiguée de courir. Il fallait arriver jusque là. Reprenant sa course, elle enjamba des branches qui jonchaient le sol.
Tout à coup, elle trébucha et chuta lourdement sur le sol, au milieu des feuilles, la tête la première. Légèrement sonnée, elle tenta de se relever. Tout était brouillé autour d’elle, les perspectives étaient comme floues, difficile de se repérer. Le vent soufflait par bourrasques, lui projetant des feuilles dans les yeux et dans les cheveux. Et, soudain, elle sentit une main qui la tirait brutalement en arrière. Elle hurla de terreur.
…Et se réveilla, le corps trempé de sueur.
Elle s’assit, encore étourdie par la violence de son rêve, tentant de revenir à la réalité. Elle observa autour d’elle avec inquiétude. Catherine avait l’impression de sentir une présence maléfique. Mais, à part elle, il n’y avait personne d’autre dans la chambre. Le lit était vide du côté de Stéphane, ce dernier avait du comme à son habitude se lever tôt pour aller travailler.
Elle se leva, vacillant jusque dans la salle de bain. Son reflet dans le miroir lui renvoya l’image d’une jeune femme pâle comme un linge, les yeux injectés de sang. Ses longs cheveux blonds collaient à son front.
Voila des mois que ces cauchemars peuplaient ses nuits.
Au début, Catherine ne gardait aucun souvenir précis, mais, au fil des semaines, les images affluaient de plus en plus distinctement à son réveil. Des bois, elle fuyait, et juste derrière elle cette bête. Parfois, elle avait l’impression que c’était un homme mais elle n’avait jamais vu son visage ou bien elle n’en avait gardé aucun souvenir. Le rêve s’arrêtait alors qu’elle tentait de lui échapper, et, d’autres fois, elle se réveillait au moment précis où il la rattrapait.
Les nerfs à fleur de peau, elle décida de descendre à la cuisine pour boire un café. En passant devant la chambre de son fils, elle s’arrêta pour le contempler dans son sommeil. L’enfant âgé de presque trois ans était couché en chien de fusil, sa main droite posée sur une de ses peluches. Qu’il avait l’air calme et paisible.
Une bouffée d’amour l’envahit.
Catherine n’aurait jamais cru pouvoir aimer quelqu’un aussi fort. Avec ses boucles brunes, ses yeux de la même couleur que ceux de Stéphane, un vert très clair, c’était tout le portrait de son père. Elle ressentit comme toujours un sentiment de chaleur maternelle profond qui était apparu dès qu’elle avait senti une présence dans son ventre, elle avait été bouleversée par les premiers mouvements, des coups de pied, une main qui déformait son ventre. Cet amour avait explosé le jour de son accouchement. Elle avait cru que jamais elle n’y arriverait. Le médecin lui répétait de pousser mais elle était épuisée par les efforts. Tout à coup, cela avait été la délivrance. Ensuite, un moment magique, un de ceux qu’une femme ne pourra jamais oublier, le moment où l’infirmière vous présente votre enfant et vous le dépose sur votre ventre. Son petit cœur battait contre le sien, la chaleur de son corps si minuscule et ses yeux qui tout à coup s’étaient levés vers elle pour la regarder. Elle avait senti des larmes lui picoter les yeux. Un moment de pur bonheur.
La vue de son fils endormi réussit à la détendre légèrement.
Elle resta là quelques minutes puis descendit au rez-de-chaussée.
Malgré l’énorme travail à fournir pour rendre à la maison toute sa beauté, Catherine était immédiatement tombée sous le charme de cette vieille demeure. Elle désirait instaurer une ambiance accueillante et chaleureuse et c’est-ce qu’elle avait réussi à faire. La cuisine n’était pas très grande aussi avait-elle décidé de supprimer les meubles de couleur brun foncé par des meubles blancs, ce qui avait radicalement modifié l’ambiance de la pièce. Elle avait transformé une pièce vieillotte et sombre en un espace très clair et convivial. Aujourd’hui, le sol était recouvert non plus de dalles très sombres mais d’un carrelage très clair qui conférait à la pièce encore plus de lumière. Les plans de travail en granit noir luisaient comme des miroirs.
Elle se prépara une tasse de café et s’assit sur une chaise, face à la fenêtre qui donnait sur le jardin.
A nouveau, Catherine essaya de comprendre à quel moment précis cela avait commencé, à quelle période cette peur avait surgi dans son esprit, ne lui laissant plus aucun repos. Les deux mains posées sur sa tasse de café, elle regarda dehors et son regard se perdit dans le lointain. Elle ne voyait plus les grands ormes qui entouraient la maison de chaque côté. Le feuillage des arbres bruissait comme autant de longues jupes noires de sorcières mais elle ne l’entendait plus, perdue dans des souvenirs, plongeant bien malgré elle dans une des périodes les plus sombres de sa vie. Juste avant de rencontrer Stéphane.